"La retraite de Russie"

8 mai 2014 - 10:00

- Récit très légèrement romancé du Triathlon S, contre la montre par équipe de Verneuil sur Seine – Jeudi 8 mai 2014

La presse unanime :

« Une tragédie humaine à la limite de l’insoutenable ! » - Le Figaro

« Encore une fois certains sportifs français pataugent dans la semoule ! » - L’équipe

« Un bel exemple de sauvetage de la noyade en eau douce » - La revue du maitre-nageur-sauveteur

« Il faut instituer une limite d’âge pour éviter ces cas ridicules ! » - Triathlète Mag

« Mais flinguez moi cet empoté, bordel ! » - section Dassault Triathlon (le président)

« Les Dalton sont de sortie » - Le journal de Mickey

« C’est pas gagné pour l’IM World Championship de Kona en 2015 ! » - L’Office du tourisme d’Hawaï

$$$$$$

Ce jeudi 8 mai 2014 restera marqué dans les annales comme une des pires journées de tous les temps du championnat IdF interentreprises de la section Triathlon de Dassault Sports. Tout cela du fait d’un amateur ne sachant pas vraiment nager ayant retardé la progression de l’équipe (il se reconnaitra).

Nous (Eric G., Guy V. et moi-même) nous étions portés volontaires à l’appel de Nicolas F. pour participer au triathlon S par équipe de Verneuil sur Seine le jeudi 8 mai 2014. Épreuve organisée par le club de Triathlon des Mureaux (le Trinosaure) qui fêtait ses 30 ans à cette occasion. Notre équipe comportait 4 « spécialistes » de chacune des disciplines de ce sport : Eric étant le meilleur nageur, Guy le meilleur cycliste, Nicolas le meilleur coureur et moi le meilleur rigolo.

Cette épreuve offrait la particularité d’être un « contre la montre par équipes » = Nous devions rester groupés tout du long (par équipe de 3 à 5 coureurs) et le classement se faisait sur le 3ème temps du groupe. Nous avions donc une (petite) marge de sécurité en étant 4. Nous avons longtemps débattus sur le nom d’équipe à adopter entre « Les quatre fantasques », « Les tontons flingués », « Les trois mousquetaires », … pour finir par choisir « Dream Team of the Future Past » (surnom plein de sous-entendus).

Nous avions prévu de nous retrouver à 8 heures du matin à la base de loisirs du Val de Seine (à Verneuil sur Seine, entre Poissy et Les Mureaux). Bien entendu, comme j’habitais à 5 kilomètres seulement de cette base de loisirs, je suis arrivé très en retard (vers 8h20, suite à un désaccord technique avec mon smartphone qui a automatiquement tenu compte du fait que le 8 mai était un jour férié et qu’il devait donc me laisser dormir plus longtemps).

J’ai donc tourné en rond pendant plus de 20 minutes dans la base de loisirs et sur le parking pour essayer vainement de retrouver mes 3 co-équipiers dans la foule (de nombreuses équipes avaient des tenues rouges, blanches et noires comme nous). Bien entendu mes co-équipiers étaient dans le seul endroit où je n’avais pas cherché = le parc vélo. J’ai donc fini par les rejoindre tout juste 2 minutes avant la limite de fermeture du parc vélo, après un sprint mémorable avec mes 20 kilos de matériel inutile sur le dos et mon vélo à la main.

Nous avons laissé notre équipement cycliste et pédestre dans le parc. Enfin, très peu de matériel en fait car Nicolas avait reçu des consignes strictes du président (Lionel D.) : « Pour gagner du temps, pas de veste, pas de t-shirt, pas de coupe-vent, pas de gants, pas de chaussettes, … seulement la tri-fonction et c’est tout ! ». C’était peut-être un peu «optimiste » du fait des conditions météo : température extérieure de 11°, grisaille et pluie. Je laissais également mes lunettes de vue près du vélo (me retrouvant à moitié aveugle, à la merci de mes coéquipiers). Nous étions équipés de puces électroniques à la cheville gauche afin de mesurer nos temps (office réalisé par les chronométreurs bretons qui avaient dû se tromper de région).

Nous nous sommes ensuite regroupés sous une des tentes individuelles mises à la disposition des équipes par l’organisation. Comme nous devions attendre plus d’une heure pour prendre le départ nous en avons profité pour nous restaurer avant la course. Guy, qui semblait n’avoir rien mangé depuis l’élection de François Hollande, engloutissant 4 kilos de pates de fruits, barres de céréales, biscuits vitaminés et autres gâteaux au chocolat (il avouera après la course avoir suivi un régime sévère et ascétique pour augmenter ses perfs en montée, hélas cette course se déroulait sur terrain plat). Je fus un peu surpris par la vision de Nicolas se badigeonnant tout le corps (entièrement rasé de la tête aux pieds pour l’occasion) de Vaseline, prétendument, afin de pouvoir retirer ensuite plus facilement sa combinaison de natation en néoprène. Il le faisait avec des mouvements amples, lents et sensuels (je retrouve la le point commun des membres de la section ayant participés à un Iron-Man).

L’attente étant longue et la température très basse, nous avons fait de fréquents allers et retours vers les buissons afin de soulager nos vessies fragiles (c’est le risque quand on recrute certains triathlètes en maison de retraite).

De retour à la tente, nous avons décidé d’enfiler nos combinaisons de natation (enfin, dans mon cas, plutôt un shorty de planche à voile très fin et prévu pour des températures d’eau supérieures à 20°,

j’aurais dû investir légèrement plus que 17,95€) et d’aller regarder le départ des premières équipes dans l’étang (les féminines et leurs bonnets roses d’abord). C’était vraiment bien organisé avec un départ d’équipe toutes les 90 secondes (un chrono géant marquant le top) et deux arbitres vérifiant tout avant le départ dans un sas à barrières. Un petit bateau de l’organisation suivait chaque équipe par sécurité le long du parcours marqué par 4 grosses bouées jaunes. On se serait cru aux championnats du Monde (il ne manquait que les caméras de télévision). Les concurrents avaient la possibilité de s’échauffer dans l’eau (façon de parler vu qu’elle était à 14°) avant le départ. Nous avons « testé » l’eau vaseuse de l’étang = C’était supportable jusqu’aux chevilles et glacial ensuite.

L’heure de notre départ (vers 10h05) arrive enfin. Nous nous alignons sur la berge recouverte de sable et nous partons comme des morts de faim en cavalant dans l’eau glacée et trouble pour le parcours de 750m (voire un peu plus) dans l’étang. Nous partons en crawl et je constate immédiatement que ma combinaison de planche à voile (que je n’avais pas encore testée dans l’eau) me gêne et m’empêche de respirer. Je suffoque, je crachote, je toussote, je tremblote et je n’avance pas. Je vois Eric devant moi qui nage comme un dauphin et qui s’éloigne rapidement suivi de Nicolas et de Guy. J’essaye de trouver une nage qui me permette d’avancer et qui convienne à mon style particulier = nage de la clé à mollette, nage de l’enclume, nage de l’homme mort, nage du nimportenawak, nage du chat tombé dans la piscine, nage mitigée cochon d’inde, … rien n’y fait. En désespoir de cause, je passe en brasse et j’avance comme une limace. Les autres m’attendent et j’entends leurs bribes de conversation : « Lionel avait bien dit de le … si il nous retardait ! », « Zut, j’ai oublié mon poignard », « Chopez le à la gorge ! », …

Eric (qui pratique les compétitions de natation depuis bien avant la mort du président Pompidou) m’encourage et me prodigue de bons conseils techniques : « Nage plus vite », « Glisse mieux dans l’eau », « Fais des mouvements plus amples », « Reste en ligne », « Repasse en crawl », « Tiens-toi droit », « allonge tes bras », « pousse sur tes jambes », … Voyant que je n’étais pas un élève très doué, il me tend son pied droit et me dit de s’accrocher à lui. Il démarre en crawl, je m’accroche et je suis happé sous l’eau d’un seul coup par son démarrage foudroyant. J’avale 3 litres d’eau boueuse et je manque de me noyer.

La suite de la natation est un long calvaire pour moi, je trouve ça interminable, j’ai froid, j’étouffe, j’avale plein d’eau, je suis au bord de la mort mais je garde un petit sourire (plutôt un rictus) pour rassurer mes équipiers.

Nous arrivons enfin à boucler le parcours de nage (pour ma part grâce à l’aide d’Eric qui me tire plusieurs fois pour me relancer) en un peu moins de 20 minutes (très mauvais temps car les meilleures équipes l’ont fait en presque deux fois moins). Nous courons vers le parc vélo, mes poumons plein d’eau sont en feu, je suis déjà bien lessivé et nous n’en sommes qu’aux débuts. Nous nous changeons le plus vite possible. Je reste bêtement coincé dans ma tenue de planche à voile trop petite et Nicolas doit me dévêtir de force (son corps lisse recouvert de vaseline lui ayant permis de s’extirper de sa combinaison à la vitesse d’une stripteaseuse jaillissant d’un gâteau lors d’un anniversaire). Nous nous regroupons dans le sas de départ, les arbitres nous donnent le top et nous sprintons en poussant nos vélos sur le long tapis vert qui nous emmène le long de la base vers la route goudronnée.

Une fois sur la route, Nicolas prend la tête et nous suivons en file (afin de s’abriter du vent très frais). Je commence à reprendre un peu des forces et nous trouvons notre rythme vers 30 km/h. Le parcours est assez plat et nous poussons un peu sur les jambes pour nous réchauffer (comme nous sommes pratiquement nus). Nous sommes parfois doublés par des équipes encore plus affutées qui « allument » à plus de 40 km/h. Le règlement nous interdit de nous abriter derrière les autres équipes et de profiter de leur aspiration. Tout se passe plutôt bien jusqu’au 18ème kilomètre (sur un total de 20) où je suis pris d’une méchante crampe dans le mollet droit. Guy me propose de descendre de vélo pour qu’il tire sur ma jambe, mais j’ai déjà été pas mal tiré dans l’eau et je ne voudrais pas que ça devienne une habitude. Je serre les dents et je continue doucement, escorté par Nicolas. Nous nous regroupons et nous finissons ensembles le parcours vélo en 38 minutes et quelques. Nous re-sprintons à pied sur le tapis et rejoignons le parc vélo pour entamer la course à pieds. Nous jetons nos casques, tournons nos dossards et enfilons nos chaussures de running. Une nouvelle fois, ma technique de débutant fait que je n’arrive pas à glisser mes pieds dans mes chaussures car je n’ai pas mis de chaussettes. Alors que je suis au sol, Guy et Nicolas m’enfilent chacun une chaussure après avoir défait mes lacets (décidément je suis assisté pendant cette épreuve).

Nous nous regroupons dans le sas et nous partons au top des arbitres pour les 5 km de course à pieds (deux boucles d’un circuit en terre et sur l’herbe). D’emblée les 3 autres me prennent une longueur (mes crampes au mollet droit ne sont pas vraiment passées et je boite). Je vois mes équipiers s’éloigner : Eric étant encadré par Nicolas et Guy qui l’encouragent et le poussent un peu (une main dans le dos et une autre sur les fesses). Ils courent à 13 km/h et me prennent 300 à 400 mètres pendant les 5 premières minutes. Au bout d’un moment mes douleurs au mollet passent et je peux accélérer un peu. L’écart avec mes équipiers reste constant et je les suis au même rythme qu’eux à distance de vue. Au bout de 15 minutes, hélas, mes pieds nus dans les chaussures se mettent à saigner au niveau du talon d’Achille et j’ai hâte d’arriver pour les soigner. Nous sommes doublés lors du deuxième tour par l’équipe Bouygues partie bien après nous (aïe).

J’arrive enfin en vue de la ligne d’arrivée et je sprinte sous les encouragements de Guy qui a fait demi-tour pour me motiver. Je lève la tête et je souris pour le cas où je sois pris en photo. Je finis la course à pieds en 25m30s, 90 secondes derrière mes équipiers. Je retrouve Nicolas juste après la ligne d’arrivée en grande discussion avec un participant de l’équipe Bouygues qui lui tend une enveloppe fermée avec cette phrase sibylline : « Comme convenu ! ». Il est très probable que cette enveloppe contenait des photos de la dernière course.

Nous nous restaurons au buffet de l’organisation, bien fourni, et patientons un peu car le parc vélo ne rouvrira qu’après l’arrivée de la dernière équipe. Nous récupérons les chapeaux de cow-boy commémoratifs de l’épreuve et papotons jusqu'à l’arrivée des autres concurrents qui se succèdent. Nous remballons enfin notre matériel, la course s’étant terminée vers midi. Je propose de passer prendre un apéro chez moi car je n’habite pas loin. Hélas, Eric n’a pas pu se joindre à nous, sa femme lui ayant intimé l’ordre, par téléphone, de rentrer immédiatement.

Guy en profite pour se changer (en mode Olivier) sur le parking. Alors qu’il était à poil à coté de son monospace, il fut surpris par une petite fille qui lui dit : « Dis monsieur, le tien est très différent de celui de mon papa ». Il répondit alors, du tac au tac, « Oui, le mien est un CANYON fabricant allemand (Fahradmacher), qui vend par correspondance sous l’égide de Mercure. C’est un modèle

RoadLite de base équipé en Shimano 105, alors que ton papa a un Giant Defy 2 composite monté en plateau triple ».

Nous partons alors en convoi et profitons d’un petit apéro préparé par mes deux succubes jumelles qui en profitent pour chambrer leur papa sur son manque de qualités athlétiques (elles sont désormais privées d’argent de poche jusqu‘en 2016, mais c’est une autre histoire).

Le temps total de notre équipe est de 1h29m24s, alors qu’il aurait dû être de 1h27m47s (temps du 3ème équipier). En effet, une mystérieuse erreur technique a fait que Nicolas a été considéré comme ayant abandonné (pourtant, le classement général montre bien qu’il terminé les 3 épreuves en 1h27m46s, en même temps qu’Eric et Guy). Nous sommes assez loin au classement général car la meilleure équipe a fini loin devant tout le monde en 55 minutes (certainement de jeunes voyous des Mureaux habitués à échapper à la police).

C’est une expérience sympa, à renouveler, car le fait de courir en équipe offre des sensations différentes et conviviales (par contre mes co-équipiers ont du me supporter, ce qui représente une épreuve supplémentaire pour eux).

Lionel F.

Commentaires

MARATHON NEW YORK 8 mois
Nouvelle page 8 mois
HALF BUDAPEST PAR LIONEL et 2 autres 11 mois
TRIATHLON DE PARIS PAR PIERRE BENOIT et 6 autres 1 an
DUATHLON DES NEIGES : nouvelles photos 1 an
DUATHLON DES NEIGES et 4 autres 1 an
LILLE HARDELOT 2016 : nouvelles photos 1 an
TRIATHLON CASSIS 2016 : nouvelles photos 1 an
TRIATHLON DE VERNEUIL PAR EQUIPE 2016 : nouvelles photos 1 an
STAGE TRIATHLON ROMORANTIN 2016 : nouvelles photos 1 an
Nouvelle page 1 an
SEJOUR CYCLO 2016 ARDECHE et STAGE TRIATHLON ROMORANTIN 2016 1 an
STAGE DUATHLON DES NEIGES 1 an
CR TRIATHLON RAMBOUILLET 2015 1 an
TRIATHLON RAMBOUILLET 2015 : nouvelles photos 1 an

Aucun événement sportif

Contribuez au site de votre club !

 Devenir membre