Dernière course du championnat Ile de France de Triathlon 2014

28 octobre 2014 - 21:50

Les lièvres et la tortue (récit odieusement déformé du Vétathlon de Provins du 19 octobre 2014)

 

Je m’étais présomptueusement (si, si, ça peut se dire, surtout dans mon cas) inscrit pour servir de backup à l’équipe Dassault Triathlon lors de la dernière épreuve du challenge IdF interentreprises. Cette dernière épreuve de l’année devait déterminer quelle équipe remporterait le challenge 2014. Deux autres équipes (outre Dassault) pouvaient encore, mathématiquement, l’emporter. Cette dernière épreuve (un duathlon CàP-VTT-CàP) se déroulait aux confins des territoires connus dans une charmante petite ville (surnommée Fort-Fort-Fort-Lointain) dont personne n’avait plus entendu parler depuis le gouvernement du président René Coty.

 

Hélas, j’ai eu des problèmes de santé avant la course. Notamment une saleté de Lumbago (normal vu ton âge, diront les jeunes impertinents de la section) qui m’a cloué au lit une bonne partie de la semaine (et qui obligeait mes filles à m’aider pour pouvoir passer de la position couchée à la position debout). Néanmoins, les nombreux calmants et psychotropes dont j’étais bourré (sans allusion) me permirent d’espérer participer (du moins, à la vitesse d’un escargot agonisant après avoir été écrasé par une voiture).

 

J’avais donc préparé mon matériel la veille, mon VTT dont j’avais retiré les toiles d’araignées, regonflé les pneus et enlevé la rouille de la chaine et du dérailleur. Grâce à une ceinture médicale lombaire je pouvais même espérer courir debout.

 

Je me suis levé bien avant l’aube ce dimanche matin afin de parcourir les 4.864 km jusqu'à cette ville de l’Est. Bien entendu, comme à chaque fois, la panique s’installe au moment de charger la voiture : « Bon sang, la roue arrière de mon VTT est à plat ! Tant pis, je regonflerai à Provins. » et « Bon sang, ou est passé mon GPS que j’avais posé sur la table du salon hier matin ? » (c’est la que je me rappelle que mes filles ont décidé de faire du rangement dans le salon hier après-midi). Impossible de retrouver ce moyen de guidage, je me rabats donc sur des cartes et des guides que j’avais achetés en commençant de bosser (en 1987) et qui prenaient la poussière dans ma bibliothèque.

 

Je prends la route un peu à la bourre (pour ne pas changer) en direction de l’Est de Paris. Passons sur les nombreux changements de direction de dernière minute en lisant la carte tenue d’une main et en tenant le volant de l’autre car je ne veux pas d’ennuis avec les gendarmes. Je m’arrête pour faire le plein de carburant un peu avant d’arriver et je me dis que je vais profiter du gonfleur de la station pour regonfler mon VTT. C’est la que je découvre avec horreur que la valve de ma chambre à air est percée (je soupçonne fortement mon chien fourbe d’avoir fait ses crocs sur le VTT que j’avais laissé dans le salon la veille au soir pour gagner du temps). Bon, je tacherais de trouver une autre chambre à air sur le parc vélo.

 

Enfin arrivé à l’entrée de Provins sous un soleil radieux, je suis une voiture avec deux VTT sur une remorque car je me dis que ce sont certainement des participants à l’épreuve. Perdu ! ils cherchaient juste un bar. Je me dirige ensuite vers le stade (le départ est censé être juste à coté) qui est à coté de l’hôpital situé au nord de la ville selon mon guide de la route. Je trouve facilement l’hôpital mais, horreur, il n’y a aucun stade aux alentours ! Je tourne en rond trois fois et je finis par interroger des gars du coin qui, écroulés de rire, m’apprennent que l’ancien stade du nord de la ville a été détruit en 1990 et remplacé par un nouveau stade au sud de la ville. Enfer et damnation ! Mon guide est vraiment trop vieux (tous ceux qui auront pensé « comme toi » seront sévèrement châtiés).

 

Je finis enfin par rejoindre le départ de la course complètement à la bourre à 9h45 (pour un départ à 10h00). Je retrouve Lionel D, Pascal et Florian qui sont déjà prêts à partir avec leurs dossards sur le ventre. Mon VTT étant HS et mon dos n’étant guère mieux, je préfère me transformer en supporter chronométreur pour éviter la paralysie (d’autant plus que personne n’a de chambre à air avec lui). Nous assistons au briefing de l’organisateur et de l’arbitre officiel un peu âgé qui a l’air de ne pas vouloir rigoler avec le règlement.

 

Je me retrouve donc spectateur avec la souriante Fanny (qui parait être à l’âge où on va encore au lycée) qui me confie qu’elle travaille comme prestataire à St Cloud, au sein de la DGT, et qu’elle venue encourager un collègue.

 

Il y a environ 120 coureurs dont beaucoup sont très très affutés et spécialisés dans le duathlon (nous le verrons pendant la course). Le départ se fait sur une promenade bordée d’arbre en direction de la forteresse médiévale. La première adjointe du maire essaie de donner le signal avec un sifflet d’enfant en plastique jaune et rouge qui ne marche pas, elle finit par crier « Allez ! » mais beaucoup de coureurs ont déjà un peu anticipé le départ (surtout ceux qui bossent dans le bâtiment en semaine).

 

Ca commence sur les chapeaux de roues, certains courant à 20 km/h et le peloton s’étale rapidement. A la fin de la première boucle les écarts sont déjà creusés. Enfer et damnation, un coureur Bouygues est deuxième au scratch juste avant le vélo, il a déjà réussi à prendre presque deux minutes d’avance sur le meilleur Dassault, Lionel, qui court quand même à 17 km/h (non, non, pas moi car rappelez vous que je suis blessé, je parle de l’autre Lionel). Nos deux autres coureurs sont aussi déjà au max (Pascal vers 16 km/h et Florian vers 14 km/h).

 

La transition vélo se fait rapidement et les concurrents partent comme des flèches (enfin, pas tous, certains que nous ne nommerons pas n’ont visiblement pas eu le temps de s’habituer au VTT qu’on leur a prêté le vendredi et n’arrivent pas à clipper leurs chaussures spéciales sur les pédales). Le peloton est déjà bien étalé. Fanny et moi convenons de nous déplacer un peu en hauteur sur le parcours à un emplacement situé à 1.500 mètres du départ (au bord des remparts du château) où nous pourrons voir passer deux fois les concurrents en vélo. Nous marchons sous un soleil radieux quand Fanny me propose de prendre un raccourci avec une descente plutôt raide vers les douves. Je passe devant et je me ramasse dans la boue des douves (que ne ferait on pas à mon âge pour être secouru par une jeune femme).

 

Une fois réveillé et remis du choc, nous regardons passer les coureurs et nous encourageons les 3 courageux membres de la section Dassault qui arborent un style très différent en selle (style du cow-boy chevauchant un taureau sauvage, style du galérien pris dans un navire en flammes ou style du lièvre ébloui par les phares de la voiture qui va l’écraser).

 

Je décide ensuite de retourner vers l’entrée du parc vélo pour visualiser les écarts entre les participants et renseigner les membres du club. Je me change sur le parking et je me déguise en triathlète Dassault pour donner le change.

 

L’arrivée du parcours vélo se fait en bas d’une descente vertigineuse où les concurrents atteignent leur vitesse maximale. Je me poste en face de l’arbitre officiel qui vérifie si les coureurs rentrent bien dans le parc vélo à pied en poussant leur VTT et non en selle.

 

Nous voyons soudain débouler les deux premiers concurrents qui sont à la lutte pour la victoire, l’un des deux saute de vélo en marche juste avant la ligne peinte au sol, l’autre pas ! L’arbitre se jette sur le contrevenant et l’oblige à faire demi-tour et à repasser la ligne d’entrée du parc vélo une deuxième fois mais à pied cette fois ci ! Par la suite l’arbitre sera tout aussi intransigeant et punira les nombreux contrevenants qui ne peuvent (ou ne veulent) pas descendre de selle avant la ligne pour gagner une seconde. J’entends pas mal d’excuses bidon des concurrents qui essaient de se justifier auprès de l’officiel (« je n’ai pas vu la ligne, je n’ai pas vu l’arbitre, je suis débutant et je ne connais pas encore les règles, je suis à moitié aveugle, je suis fatigué, je suis pressé, je participe quand même à une course merde, je suis ton fils et je te hais papa, … »).

 

Certains concurrents saignent suite à des chutes (le parcours était parsemé de quelques zones piégeuses). L’un d’entre eux à même détruit son casque en atterrissant sur la tête lors d’une chute collective et préfère abandonner car il est couvert de sang et un peu assommé.

 

Les concurrents Bouygues sont, hélas, toujours intercalés entre nos 3 courageux Dassault (mais un peu devant). Je constate tout de même que l’écart avec les autres équipes se resserrent car nos aéronautes sont un peu plus rapides avec un engin en main (sans aucune allusion bande de canaillous). Lionel D n’a plus que 95 secondes de retard sur le premier Bouygues qui grimace sous la douleur. Le dernier Bouygues porte également le « masque de la souffrance » comme beaucoup d’autres en surrégime mais ne ralentit pas pour autant.

 

Une fois nos 3 braves Dassault repartis pour la dernière boucle de course à pieds je décide de faire le sprint final avec chacun d’eux pour les encourager. Je cours donc jusqu'au début de la dernière ligne droite (le chemin de terre bordé d’arbre déjà utilisé pour le début de la course) et j’attends de voir passer les Bouygues et les Dassault, chrono en main. Avec la chaleur je suis déjà en sueur (j’ai imprudemment gardé la veste du club sur ma tri-fonction). Je ressemble certainement à un participant ayant déjà fini la course car chaque concurrent Bouygues qui me voit au bord du parcours écarquille les yeux de stupeur et marque un temps d’arrêt en croyant que je les ai devancés (je ressemble à un coureur vu de loin, un peu moins vu de près).

 

Le premier de nos braves à arriver est Lionel D, je cours à ses cotés et je l’encourage en lui disant à quelle distance de l’arrivée il se trouve. J’arrive tout juste à suivre son rythme en me donnant à fond (pourtant je n’ai pas ce qu’il a déjà parcouru dans les jambes). Il serre les dents et franchit l’arrivée comme une balle. Il réussit à réduire son retard sur le premier Bouygues à un peu moins d’une minute. Bravo.

 

Je retourne attendre Pascal en trottinant, encore plus essoufflé qu’avant. Je le reconnais de loin grâce à son style particulier du gars qui se donne à fond et serre les dents sous la souffrance. Je sprinte aussi avec lui, heureusement c’est 1 à 2 km/h moins vite que Lionel D (mais c’est déjà rapide pour moi). Je l’encourage aussi car il y a un autre Bouygues qui est passé juste avant lui. Bravo.

 

Je retourne une dernière fois au début de l’ultime ligne droite pour attendre Florian. Il arrive en grimaçant de douleur et il a visiblement mal aux mollets. Il sprinte néanmoins vers 14 à 15 km/h car il est soulagé de voir que c’est la fin. Bravo. Il s’écroule dans l’herbe juste après la ligne d’arrivée car il souffre de crampes. Il explique qu’il n’a pas l’habitude de la course à pieds et demande à un jeune homme (son frère en fait) de tirer sur ses jambes pour le soulager.

 

Cette épreuve menée à un train d’enfer s’achève avec les derniers concurrents qui ont été bien distancés par certains spécialistes de cette discipline. Nos héros grignotent et se réhydratent différemment (certains restant sur l’eau et les jus de fruits et d’autres, sans doute plus âgés, préférant visiblement la bière locale offerte aux concurrents).

 

Nous reprenons ensuite la route vers Paris pour une cinquantaine d’heures de trajet en voiture à 160 de moyenne (bref la routine). Bravo aux trois courageux Dassault qui se seront battus jusqu'à la mort (enfin presque) pour défendre les couleurs de la section dans ce challenge régional.

 

 

Lionel / Blind Turtle

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